« Spero Patronum ! »  Ou comment dépasser vos peurs avec Harry Potter !

Halloween approche. Les marmites commencent à bouillir et les sorciers s’apprêtent à sortir. L’occasion pour moi de vous parler de vos peurs bleus et de vos six trouilles… Ou plus exactement celles de vos enfants.

Si votre enfant a des peurs qui l’angoissent ou qui le terrifient et qu’il est un fan inconditionnel d’Harry Potter, alors pourquoi ne pas (re)lire avec lui « le prisonnier d’Azkaban », 3ème tome des aventures du jeune sorcier.

Dans cette histoire, Harry apprend à surmonter sa terreur des « détraqueurs », des êtres maléfiques répugnants qui rôdent autour du château. Et à la vue desquels il éprouve un malaise si grand qu’il finit par perde connaissance. Pour apprendre à leur faire face sans s’évanouir et à les repousser, un professeur de Poudlard lui apprend à maîtriser le sortilège du « Patronus » (qui veut dire protecteur en latin), qui consiste à créer une « entité » pleine de vie et d’espoir en pensant très fort à un souvenir heureux.

En s’entraînant avec beaucoup de persévérance, Harry arrive à créer un « Patronus »  de plus en plus puissant mais qui manque encore de consistance. Il faudra attendre la fin de l’histoire et un dédoublement spatio temporel du héros pour le voir créer un « Patronus » tellement puissant qu’il va s’incarner et prendre l’aspect d’un magnifique cerf argenté, capable de repousser une centaine de détraqueurs.

Je me souviens que cette scène m’avait marqué car elle ressemble beaucoup à la technique de double dissociation qu’on utilise parfois en séance d’hypnose pour apprendre à avoir plus de distance émotionnellement par rapport aux images mentales qui nous perturbent. Mais revenons à nos citrouilles !

Parfois quand une peur s’installe et revient régulièrement, le simple fait de penser à l’objet de notre peur finit par créer la même réaction physiologique que lorsqu’on y est réellement exposé. Sans avoir besoin d’aucun stimulus externe, évoquer simplement la situation ou une image particulière peut suffire à créer une réaction dans notre corps, une sensation d’angoisse si intense qu’elle peut générer une vraie crise de panique. Comme Harry lorsqu’il s’entraîne « virtuellement » avec son professeur. Ce qui montre bien comment nos pensées et notre imagination peuvent agir directement sur notre corps.

La bonne nouvelle c’est que si notre imagination crée en partie notre peur, elle peut aussi nous en délivrer ! Comment ? Simplement en l’externalisant, en la nommant (car comme le dit Dumbledore lui même « La peur d’un nom ne fait qu’accroître la peur de la chose elle-même »), en la personnifiant, on peut plus facilement s’en dégager. On ne s’identifie plus complètement à elle et on peut commencer à jouer avec nos représentations et à les transformer. On peut s’en approcher, instaurer un dialogue avec elle, en apprendre quelque chose, négocier  et pourquoi pas s’en faire une alliée.

Plus concrètement, vous pouvez proposer un petit jeu à votre enfant.

Lui demander s’il est d’accord pour faire « comme si » il était un jeune sorcier comme Harry Potter. Lui demander d’imaginer a quoi pourrait ressembler sa peur s’il pouvait la dessiner. Lui demander de lui donner un nom ? Lui demander de la décrire ?

Si vous sentez qu’il commence à manifester des signes d’anxiété,  vous pouvez lui dire de rester suffisamment à distance pour le moment, comme s’il pouvait se dédoubler comme Harry, pour qu’une partie de lui puisse observer tout ça très tranquillement. Il peut aussi modifier sa représentation pour qu’elle soit moins effrayante, pour dédramatiser (lui mettre un nez de clown par exemple ? ou un habit ridicule ?)

Lui demander ensuite quelle sorte de Patronus il aimerait inventer pour se protéger, pour être en sécurité. Et une fois  son « protecteur » décrit et activé, vous pouvez alors l’inviter à se rapprocher en toute sécurité de la forme de sa peur, à dire ce qu’il perçoit (quelle est sa taille, sa couleur ? comment est-elle habillée ? est-elle en mouvement ou immobile ? silencieuse ou bruyante ?), pour entrer en communication avec elle, lui poser toutes les questions qui lui semblent utiles, lui demander de quoi elle peut avoir besoin et s’il peut lui apporter son aide.

Sans trop le conseiller ni le guider, accompagnez simplement votre enfant pour qu’il trouve lui-même ses propres solutions.

Il faudra peut-être un peu d’entraînement, comme Harry, pour prendre confiance, pour l’apprivoiser complètement. Mais quand ce sera le cas, il pourra ressentir une grande fierté d’avoir réussi à transformer son ancienne peur en une force nouvelle.

pumpkins-1326100

Cet article, publié dans Non classé, est tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.