Si vous souffrez de compulsions alimentaires et que vous n’en pouvez plus alors l’hypnose peut peut-être vous aider.
Car les compulsions à l’instar des antibiotiques ce n’est pas automatique !
Mais précisons d’abord ce qu’est une compulsion alimentaire.
Une compulsion c’est un besoin impérieux, irrépressible, immédiat de manger quelque chose à un moment donné, dans un contexte donné.
C’est une sorte de « craquage », de perte de contrôle, on en parle souvent en disant « c’est plus fort que moi », « je ne peux pas m’en empêcher » ou « je ne peux pas lutter contre ça ».
Vous vous ruez sur le plateau de fromages ou sur des aliments sucrés pour combler une sensation de vide intérieur, pour vous consoler, pour vous réconforter, pour vous récompenser ou pour tout autre raison dont vous n’avez pas forcément conscience.
Vous êtes comme absent de vous-même, comme coupé de vous-même dans une sorte d’auto-hypnose négative, le temps passe très vite sans que vous profitiez réellement de ce que vous mangez.
Et vous vous retrouvez quelques minutes plus tard sans trop savoir ce qui s’est passé avec souvent ce sentiment de culpabilité qui vous tenaille et des pensées critiques et dévalorisantes qui vous accablent.
Comment résister à cette pulsion qui prend le dessus, à cette chose sans nom qui prend le contrôle sans votre consentement ?
En hypnose moderne, on utilise souvent cette idée que nous sommes des êtres complexes, constitués de différentes parties inconscientes qui ne sont pas toujours en accord les unes avec les autres.
D’où les contradictions et les conflits que l’on ressent parfois.
Vous avez probablement fait l’expérience de vous dire « allez demain je me mets à la course à pied » et tenir un tout autre discours le lendemain.
Quand nous disons « je » ou « moi » nous nous identifions tour à tour à ces différentes parties qui structurent notre identité, selon le contexte ou selon notre état d’esprit.
Se représenter qu’une partie de vous-même tente de s’exprimer par un comportement qui semble inadapté, et que plus vous essayez de la refouler, plus elle va vouloir se faire entendre, peut vous permettre d’une part :
– de vous « désidentifier » plus facilement du problème (non vous n’êtes pas boulimique ou dépendant au sucre mais il y a une partie de vous qui n’est pas reconnue et qui a des besoins qui ne sont pas satisfaits)
– et d’autre part de pouvoir négocier avec cette partie, de mieux l’accepter, de mieux la comprendre, de l’apaiser, de renouer le dialogue avec elle pour trouver d’autres réactions possibles, d’autres solutions possibles.
En prenant conscience de cette partie de vous-même, en l’acceptant et en lui donnant plus de place, vous pourrez envisager les choses différemment, être plus à l’écoute de vos ressentis et d’une certaine façon reprendre le contrôle d’une situation qui vous échappait.
En vous aidant à vous reconnecter à ce que vous ressentez, à vos émotions et à vos besoins, cela va peut-être générer de l’inconfort, mais ça va diminuer l’intensité émotionnelle de cette tension que la compulsion tente d’atténuer.
En favorisant l’expression de vos émotions plutôt que le blocage ou l’évitement, la pression va se relâcher naturellement et l’acte compulsif perdre sa raison d’être.
Il est également important de bien repérer le contexte, les éléments déclencheurs (externes ou internes) de la crise.
Est-ce une situation qui se répète chaque jour ? Un conflit au travail ou en famille ? Ou bien une somme de frustrations qui s’accumulent au cours de la journée ?
Et qu’est-ce que vous vous dites à ce moment-là ? Y’a-t-il des pensées particulières qui émergent ? Un éprouvé particulier ?
En prenant le temps de détailler au maximum les différents processus mentaux, les différentes étapes du passage à l’acte, comme en le déroulant au ralenti, vous aurez une meilleure compréhension de ce qui se passe en vous et vous serez capable d’intervenir plus tôt.
En mettant sur « pause » quelques instants, en prenant une bonne inspiration, et en vous posant les bonnes questions : « comment est-ce que je me sens ? De quoi ai-je vraiment besoin là maintenant ? ».
Et faire l’inventaire des différentes options disponibles pour satisfaire ce besoin.
Car si on ne peut pas toujours agir sur le contexte (un métier pénible, un chef tyrannique ou une dispute) on peut cependant modifier la façon dont on perçoit et ressent la situation.
Et aussi la façon d’y réagir.
Car il existe autant de réactions possibles qu’on est capable d’en imaginer.
Parmi lesquelles se trouvent « vos » solutions !
En vous aidant à recadrer la situation (vous n’êtes pas que vos problèmes), en encourageant l’expression de vos émotions, en identifiant les facteurs déclencheurs et en considérant les meilleures options possibles, vous allez pouvoir vous libérer de ce sentiment d’impuissance pour retrouver confiance en vos capacités à mieux gérer vos affects et reprendre votre vie en main.
