Explorez vos émotions !

Chaque semaine en cabinet je vois des personnes en proie à de vives émotions. Ces émotions s’expriment parfois avec beaucoup de force, mais parfois elles sont silencieuses.

Certaines personnes se sentent submergées par leurs émotions, quand d’autres n’en laissent rien transparaitre à force de les avoir éteintes à leur moindre manifestation, au point d’en être « désaffectés » pour reprendre un terme de Joyce McDougall.

Pour certains, ces émotions se nourrissent d’elles-mêmes en générant des pensées négatives, qui à leur tour alimentent l’émotion en un cercle vicieux.

Pour d’autres c’est le corps qui parle, et pour d’autres encore ce sont les passages à l’acte, les comportements destructeurs, les addictions.

Autant de manières d’étouffer des affects difficilement tolérables.

Pourtant, toutes ces émotions nous sont utiles, elles ne sont ni bonnes ni mauvaises, elles ont toutes un message à nous transmettre, elles nous signalent qu’un besoin n’est pas satisfait et nous poussent à agir (par exemple, la peur répond à notre besoin de sécurité et nous incite à nous protéger, la colère peut traduire un besoin de respect ou de justice).

Comment faire alors pour accueillir les émotions difficiles et les apprivoiser, pour mieux les réguler, pour mieux vivre avec ?

Des émotions comme la tristesse ou la colère ne se commandent pas, elles s’imposent à nous, mais nous pouvons apprendre à les mettre à distance ou bien à les traverser pour s’en libérer.

Parce que les émotions sont passagères et qu’on peut les traverser.

La tristesse qu’on ressent à la perte d’un être cher peut durer longtemps mais on finit par en guérir.

Bien sûr, tout dépend de l’intensité de l’émotion et de son caractère potentiellement traumatisant.

Dans le cas d’un traumatisme, des techniques d’accompagnement spécifiques comme l’EMDR sont à privilégier.

Dans d’autres cas, l’hypnose et l’autohypnose offrent une solution intéressante pour explorer nos émotions, pour comprendre comment elles fonctionnent, pour ne pas en être prisonniers.

Pour leur laisser suffisamment de place à certains moments, et savoir les mettre plus à distance à d’autres, quand c’est nécessaire.

Mais pour beaucoup d’entre nous, ce n’est pas facile d’identifier nos émotions, de les nommer, de les conscientiser.

D’autant qu’une émotion peut parfois en cacher une autre, à la façon des poupées russes. Elle peut aussi se transformer, se convertir pour être plus facilement recevable (la colère en tristesse par exemple) ou bien se mêler à d’autres, de sorte qu’il est parfois difficile de s’y retrouver, et d’identifier les besoins sous-jacents qui s’expriment.

En autohypnose il existe des exercices très simples pour s’entrainer à se connecter à une émotion particulière en passant soit par un souvenir, une expérience vécue, soit par l’intermédiaire du corps, soit par un travail plus symbolique.

Et ainsi il est possible d’explorer sa palette émotionnelle en toute sécurité.

Par exemple il est possible d’amplifier ou d’atténuer l’intensité d’une émotion en modifiant certains paramètres de l’expérience.

Si vous imaginez simplement le visage de quelqu’un que vous aimez, vous allez probablement ressentir une émotion agréable qui va peut-être se traduire par une sensation particulière dans une partie de votre corps.

Ca peut être une sensation de chaleur dans la poitrine par exemple ou toute autre sensation.

Et si vous imaginez que vous approchez ou que vous agrandissez l’image de ce visage en accentuant les couleurs ou le contraste, il est possible que cette émotion grandisse en vous si vous y prêtez attention…

On commence généralement par des émotions positives qu’on prend plaisir à revivre en pleine conscience pour mieux les ancrer.

L’ancrage est une technique qu’on utilise souvent en hypnose pour associer un stimulus (un geste le plus souvent) à une émotion (ou un sentiment ou un état interne telle que la concentration) qu’on peut alors activer plus facilement : c’est une sorte de « raccourci mental » qui ne fonctionne que si on l’utilise.

A la manière de la madeleine de Proust.

On peut ensuite s’autoriser à explorer des émotions moins agréables, et tenter de les accepter en les accueillant avec bienveillance et curiosité.

Pour écouter ce qu’elles ont à nous dire, pour découvrir les besoins non satisfaits qu’elles recèlent, pour apprendre à faire un pas de côté et dissocier nos pensées ou nos comportements de nos ressentis, pour élargir le cadre de nos perceptions et porter un regard nouveau sur les différentes façons d’y réagir.

Car il existe tellement de manières de réagir à ce qui nous arrive.

Parce que nos émotions dépendent plus de la perception qu’on a des événements que des événements eux-mêmes.

Il faut bien sûr y consacrer un peu de temps et d’énergie mais c’est un apprentissage extrêmement utile que nous devrions tous faire dès le plus jeune âge, pour être plus souple émotionnellement, pour se libérer de nos conditionnements passés, de tous ces ancrages émotionnels inconscients sans cesse réactivés, pour vivre en meilleure intelligence émotionnelle avec soi-même mais aussi avec les autres.

Car apprendre à identifier ses émotions et à les accepter c’est une chose.

Mais apprendre à les exprimer sans « violence », repérer celles des autres et les écouter avec empathie en est une autre.

Mais c’est un autre sujet…

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