Quand on parle d’hypnose, on pense plus à l’état d’hypnose qui naît d’un décalage de notre état de conscience habituel, qu’à l’hypnose comme technique de communication.
J’aimerais vous parler aujourd’hui de l’hypnose comme d’une façon différente de communiquer et d’aborder la question des apprentissages. Avec les enfants notamment mais pas seulement.
Comme vous le savez, nous appréhendons le monde grâce à nos organes sensoriels.
Nos 5 sens (la vue, l’ouïe, le toucher, le goût, l’odorat), auxquels on peut rajouter le sens vestibulaire (l’équilibre), la proprioception (perception de notre corps dans l’espace) ou encore l’intéroception (sensations internes telles que les battements du cœur), nous permettent de capter toutes les informations nécessaires pour nos apprentissages et notre développement.
Mais nous avons tous, à des degrés divers, un canal sensoriel préférentiel, un sens prédominant. Certains sont très visuels, d’autres sont plus kinesthésiques (on regroupe dans cette catégorie tout ce qui se rapporte au corps : le tactile, le proprioceptif etc.) quand d’autres sont davantage focalisés sur l’auditif. D’ailleurs cela se traduit souvent dans les mots qu’on privilégie au quotidien pour communiquer, parfois même de façon assez prononcée (par exemple lorsque vous avez compris quelque chose qu’on vous explique, dites-vous plutôt « je vois, c’est très clair », « c’est entendu, ça me parle» ou « j’ai saisi, c’est noté » ?).
Une autre façon d’identifier votre sens préférentiel consiste simplement à évoquer un souvenir et de noter la manière dont il vous revient, comment et dans quel ordre se reconstruit la représentation mentale que vous en faites. Est-ce d’abord une image qui vient puis ensuite une sensation, un ressenti et enfin un son, un bruit ? Ou l’ordre est-il tout à fait diffèrent ?
On peut aussi explorer les différents paramètres de nos représentations.
Si je vous demande de penser à un « chat », qu’est-ce qui vous vient en premier ? Vous pouvez vous amuser à faire l’exercice et noter tout ce qui vous vient à l’esprit pendant quelques secondes, toutes les associations qui émergent. Vous avez peut-être visualisé une représentation de « mot » (le mot chat écrit d’une certaine façon, en majuscule ou minuscule avec une couleur particulière), une représentation de « chose » (un chat réel ou inventé, immobile ou en mouvement) ou bien une représentation de « représentation » (un dessin ou un portrait de chat). A cette image sont peut être venus se greffer des sons (un miaulement ?) ou des émotions particulières si vous avez déjà eu un chat. Peut-être vous êtes-vous souvenus ensuite de la douceur de son pelage et du plaisir que vous aviez à le caresser.
Vous l’aurez compris, la façon dont on construit nos « images » mentales est donc très subjective. Et en modifiant certains de leurs paramètres, on peut agir sur l’influence qu’elles exercent sur nous.
L’idée derrière ça, de façon plus pratique, c’est qu’une fois qu’on a identifié notre sens prédominant, rien ne nous empêche alors de le mettre à contribution pour améliorer nos apprentissages ou pour étayer les autres modalités sensorielles.
Si, par exemple, votre enfant a des difficultés à l’école pour apprendre sa poésie et la réciter, c’est peut-être parce qu’il est plus visuel qu’auditif, et peut être que s’il la dessine dans un premier temps cela pourra l’aider à mieux la mémoriser. De la même manière, l’utilisation d’une « ardoise magique mentale » pourrait lui faciliter l’apprentissage de l’orthographe, en « photographiant » les mots au préalable.
Si votre enfant est plutôt auditif, qu’il chantonne souvent, alors peut être que ce sera plus facile pour lui d’apprendre l’alphabet ou ses tables de multiplications en les chantant ou en les scandant.
Et s’il est plutôt kinesthésique l’association avec des gestes, des mouvements voire des textures pourrait faciliter l’apprentissage. Il existe par exemple une technique assez amusante pour apprendre la table de 9 en repliant un doigt à chaque itération en partant de l’auriculaire de la main gauche.
Il ne s’agit pas pour autant de moins solliciter les autres sens, qui sont tout aussi importants. Mais plutôt d’explorer nos stratégies inconscientes d’apprentissage pour en comprendre les rouages et découvrir lesquelles sont les plus efficaces.
Et pour mettre au jour ces stratégies, rien ne vaut le questionnement.
On demande souvent à un enfant ce qu’il a compris des consignes, en lui faisant reformuler, et c’est une bonne chose. La question du pourquoi et des liens de causalités est également très présente. Mais c’est moins fréquent de lui demander comment il a fait pour réussir un exercice ? Ou comment il a fait pour « réussir à faire une erreur » ? Pour l’inciter à détailler les étapes de son raisonnement, à prendre conscience du cheminement de sa pensée. En sollicitant non seulement ses capacités d’analyse, mais aussi son imagination et ses capacités sensorielles. Les réponses que font les enfants à ces questions sont souvent d’une richesse qu’on était loin de soupçonner.
Alors bien sûr, vous allez me dire qu’on le fait déjà pour l’apprentissage de la lecture notamment, avec la pédagogie Montessori et les lettres rugueuses ou la méthode des alphas et ses petits personnages. Je pense également aux expérimentations concernant la théorie des intelligences multiples de Gardner (intelligence corporelle, linguistique, musicale, logique etc.…).
C’est vrai que l’imagination et l’approche plurisensorielle sont davantage présentes aujourd’hui lors des premiers apprentissages. Mais pourquoi cessons-nous alors de les utiliser au fur et à mesure que nous grandissons ?
Cela me fait penser à Daniel Tammet, l’autiste « savant » qui raconte dans son très beau livre « Je suis né un jour bleu » comment il mémorise plusieurs milliers de décimales du nombre pi en se représentant les chiffres comme un véritable paysage mental composé de formes et de textures.
Sans aller jusqu’à ces capacités synesthésiques hors du commun, pourquoi ne pas développer d’autres approches d’apprentissage et de mémorisation fondées sur nos capacités sensorielles et notre imagination ?
Certains d’entre vous connaissent peut-être la technique du « palais de la mémoire » qui consiste à se représenter mentalement un endroit familier, y déposer une liste d’« objets » qu’on souhaite mémoriser, puis reparcourir ce lieu pour se rappeler la liste dans un ordre précis.
Mais peut-être faisons nous simplement plus confiance aujourd’hui à la technique et à nos smartphones qu’à nos propres facultés d’apprentissage ?
Pour finir, j’aimerais évoquer brièvement quelques aspects fondamentaux de l’apprentissage que l’on peut développer par la pratique de l’hypnose.
En commençant par l’attention. Nos capacités attentionnelles sont mises à rudes épreuves aujourd’hui avec la surenchère de stimulations extérieures. Et je suis ravi de voir que certaines écoles mettent en place dès le CP des ateliers de méditation, avec un travail sur le souffle associé au chant des voyelles, ou sur l’attention aux sons ambiants.
L’importance du climat émotionnel ensuite. On sait aujourd’hui que l’on apprend mieux quand on y prend du plaisir. D’où l’importance de créer un contexte émotionnel favorable, associant des émotions agréables aux moments d’apprentissage. Einstein disait de lui qu’il n’avait pas de talent particulier mais qu’il était juste « passionnément curieux ». N’oublions pas d’encourager cette curiosité !
Sans oublier la liberté de se tromper. Car on apprend par petits pas, par essais erreurs successifs et peut être pourrions-nous féliciter un enfant lorsqu’il fait une erreur, car c’est l’occasion pour lui d’apprendre quelque chose de supplémentaire.
Et pour finir le sommeil, car c’est en dormant que l’on consolide ce qu’on a appris, d’où l’importance de fractionner les apprentissages pour mieux les assimiler.

Mieux apprendre grâce à l’hypnose !
Quand on parle d’hypnose, on pense plus à l’état d’hypnose qui naît d’un décalage de notre état de conscience habituel, qu’à l’hypnose comme technique de communication.
J’aimerais vous parler aujourd’hui de l’hypnose comme d’une façon différente de communiquer et d’aborder la question des apprentissages. Avec les enfants notamment mais pas seulement.
Comme vous le savez, nous appréhendons le monde grâce à nos organes sensoriels.
Nos 5 sens (la vue, l’ouïe, le toucher, le goût, l’odorat), auxquels on peut rajouter le sens vestibulaire (l’équilibre), la proprioception (perception de notre corps dans l’espace) ou encore l’intéroception (sensations internes telles que les battements du cœur), nous permettent de capter toutes les informations nécessaires pour nos apprentissages et notre développement.
Mais nous avons tous, à des degrés divers, un canal sensoriel préférentiel, un sens prédominant. Certains sont très visuels, d’autres sont plus kinesthésiques (on regroupe dans cette catégorie tout ce qui se rapporte au corps : le tactile, le proprioceptif etc.) quand d’autres sont davantage focalisés sur l’auditif. D’ailleurs cela se traduit souvent dans les mots qu’on privilégie au quotidien pour communiquer, parfois même de façon assez prononcée (par exemple lorsque vous avez compris quelque chose qu’on vous explique, dites-vous plutôt « je vois, c’est très clair », « c’est entendu, ça me parle» ou « j’ai saisi, c’est noté » ?).
Une autre façon d’identifier votre sens préférentiel consiste simplement à évoquer un souvenir et de noter la manière dont il vous revient, comment et dans quel ordre se reconstruit la représentation mentale que vous en faites. Est-ce d’abord une image qui vient puis ensuite une sensation, un ressenti et enfin un son, un bruit ? Ou l’ordre est-il tout à fait diffèrent ?
On peut aussi explorer les différents paramètres de nos représentations.
Si je vous demande de penser à un « chat », qu’est-ce qui vous vient en premier ? Vous pouvez vous amuser à faire l’exercice et noter tout ce qui vous vient à l’esprit pendant quelques secondes, toutes les associations qui émergent. Vous avez peut-être visualisé une représentation de « mot » (le mot chat écrit d’une certaine façon, en majuscule ou minuscule avec une couleur particulière), une représentation de « chose » (un chat réel ou inventé, immobile ou en mouvement) ou bien une représentation de « représentation » (un dessin ou un portrait de chat). A cette image sont peut être venus se greffer des sons (un miaulement ?) ou des émotions particulières si vous avez déjà eu un chat. Peut-être vous êtes-vous souvenus ensuite de la douceur de son pelage et du plaisir que vous aviez à le caresser.
Vous l’aurez compris, la façon dont on construit nos « images » mentales est donc très subjective. Et en modifiant certains de leurs paramètres, on peut agir sur l’influence qu’elles exercent sur nous.
L’idée derrière ça, de façon plus pratique, c’est qu’une fois qu’on a identifié notre sens prédominant, rien ne nous empêche alors de le mettre à contribution pour améliorer nos apprentissages ou pour étayer les autres modalités sensorielles.
Si, par exemple, votre enfant a des difficultés à l’école pour apprendre sa poésie et la réciter, c’est peut-être parce qu’il est plus visuel qu’auditif, et peut être que s’il la dessine dans un premier temps cela pourra l’aider à mieux la mémoriser. De la même manière, l’utilisation d’une « ardoise magique mentale » pourrait lui faciliter l’apprentissage de l’orthographe, en « photographiant » les mots au préalable.
Si votre enfant est plutôt auditif, qu’il chantonne souvent, alors peut être que ce sera plus facile pour lui d’apprendre l’alphabet ou ses tables de multiplications en les chantant ou en les scandant.
Et s’il est plutôt kinesthésique l’association avec des gestes, des mouvements voire des textures pourrait faciliter l’apprentissage. Il existe par exemple une technique assez amusante pour apprendre la table de 9 en repliant un doigt à chaque itération en partant de l’auriculaire de la main gauche.
Il ne s’agit pas pour autant de moins solliciter les autres sens, qui sont tout aussi importants. Mais plutôt d’explorer nos stratégies inconscientes d’apprentissage pour en comprendre les rouages et découvrir lesquelles sont les plus efficaces.
Et pour mettre au jour ces stratégies, rien ne vaut le questionnement.
On demande souvent à un enfant ce qu’il a compris des consignes, en lui faisant reformuler, et c’est une bonne chose. La question du pourquoi et des liens de causalités est également très présente. Mais c’est moins fréquent de lui demander comment il a fait pour réussir un exercice ? Ou comment il a fait pour « réussir à faire une erreur » ? Pour l’inciter à détailler les étapes de son raisonnement, à prendre conscience du cheminement de sa pensée. En sollicitant non seulement ses capacités d’analyse, mais aussi son imagination et ses capacités sensorielles. Les réponses que font les enfants à ces questions sont souvent d’une richesse qu’on était loin de soupçonner.
Alors bien sûr, vous allez me dire qu’on le fait déjà pour l’apprentissage de la lecture notamment, avec la pédagogie Montessori et les lettres rugueuses ou la méthode des alphas et ses petits personnages. Je pense également aux expérimentations concernant la théorie des intelligences multiples de Gardner (intelligence corporelle, linguistique, musicale, logique etc.…).
C’est vrai que l’imagination et l’approche plurisensorielle sont davantage présentes aujourd’hui lors des premiers apprentissages. Mais pourquoi cessons-nous alors de les utiliser au fur et à mesure que nous grandissons ?
Cela me fait penser à Daniel Tammet, l’autiste « savant » qui raconte dans son très beau livre « Je suis né un jour bleu » comment il mémorise plusieurs milliers de décimales du nombre pi en se représentant les chiffres comme un véritable paysage mental composé de formes et de textures.
Sans aller jusqu’à ces capacités synesthésiques hors du commun, pourquoi ne pas développer d’autres approches d’apprentissage et de mémorisation fondées sur nos capacités sensorielles et notre imagination ?
Certains d’entre vous connaissent peut-être la technique du « palais de la mémoire » qui consiste à se représenter mentalement un endroit familier, y déposer une liste d’« objets » qu’on souhaite mémoriser, puis reparcourir ce lieu pour se rappeler la liste dans un ordre précis.
Mais peut-être faisons nous simplement plus confiance aujourd’hui à la technique et à nos smartphones qu’à nos propres facultés d’apprentissage ?
Pour finir, j’aimerais évoquer brièvement quelques aspects fondamentaux de l’apprentissage que l’on peut développer par la pratique de l’hypnose.
En commençant par l’attention. Nos capacités attentionnelles sont mises à rudes épreuves aujourd’hui avec la surenchère de stimulations extérieures. Et je suis ravi de voir que certaines écoles mettent en place dès le CP des ateliers de méditation, avec un travail sur le souffle associé au chant des voyelles, ou sur l’attention aux sons ambiants.
L’importance du climat émotionnel ensuite. On sait aujourd’hui que l’on apprend mieux quand on y prend du plaisir. D’où l’importance de créer un contexte émotionnel favorable, associant des émotions agréables aux moments d’apprentissage. Einstein disait de lui qu’il n’avait pas de talent particulier mais qu’il était juste « passionnément curieux ». N’oublions pas d’encourager cette curiosité !
Sans oublier la liberté de se tromper. Car on apprend par petits pas, par essais erreurs successifs et peut être pourrions-nous féliciter un enfant lorsqu’il fait une erreur, car c’est l’occasion pour lui d’apprendre quelque chose de supplémentaire.
Et pour finir le sommeil, car c’est en dormant que l’on consolide ce qu’on a appris, d’où l’importance de fractionner les apprentissages pour mieux les assimiler.
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